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À la croiser un peu vite sur un salon (du chocolat bien sûr), on la prendrait pour une étudiante en quête d’informations pour son mémoire. N’en croyez rien, son parcours professionnel est long comme un jour sans pain (au chocolat bien sûr) et ses créations de bonbons de chocolat ont déjà séduit de grands entrepreneurs. Portrait d’une (grande) dame du chocolat. 

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Plusieurs énigmes entourent Victoire Finaz. D’abord, le grand public ne la connaît pas. Elle n’a jamais ouvert de boutique. Seuls l’ont aperçue les visiteurs du Salon du Chocolat à Paris quand elle y présentait les créations concoctées par ses soins en 2010 et 2011, et d’autres salons quand elle y donnait des conférences sur l’art de la dégustation. Depuis cinq ans, Victoire est à son compte. Elle ne vend qu’aux entreprises, pratiquant ce que les anglo-saxons appellent le B-to-B (bizness to bizness, de son entreprise à celles des autres). Les rares chanceux qui peuvent aujourd’hui goûter ses chocolats sont des salariés qui les reçoivent en cadeau de fin d’année. Ses clients ? Clarins, Cartier, Christofle, Christie’s… et bien d’autres parmi lesquels, en discussion, Yves Saint Laurent. Bref, une clientèle haut-de-gamme, habituée à un luxe aussi indispensable que... le chocolat. 

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Un mystérieux artisan. Autre énigme que ne résoudra pas Victoire, l’identité de l’artisan avec lequel elle travaille ses créations quelque part dans l’Ouest de la France. « Je peux juste vous dire qu’il est un des meilleurs de sa génération » concède-t-elle, ce dont on se serait douté après avoir dégusté une poignée de ses bonbons.

Nos coups de cœur ? Un fabuleux chocolat au citron, un agrume qu’elle fait spécialement venir de Grasse pour retrouver le goût de la tarte au citron dont elle raffolait dans son enfance. Autre clin d’œil à ce même moment de vie passé, son facétieux et délicieux praliné qui se met à pétiller une fois en bouche ! Poudre Pops rocks, le retour ! Sa petite « madeleine » qui met le sourire aux lèvres !

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Plus classique mais impossible à passer sous silence, son fondant chocolat aux éclats de caramel et fleur de sel de l’île de Ré. « Une gageure à mettre au point tant le dosage de ce sel à gros grains est difficile à équilibrer » avoue-t-elle. A l’arrivée, une fraîcheur en bouche et une suavité dont elle et son mystérieux acolyte peuvent se féliciter. Signe distinctif à mettre en avant, son souci du détail qui touche au raffinement et qui la pousse à personnaliser ses pièces pour chaque client. Ainsi, pour Christofle, signe-t-elle d’un trait argenté l’enrobage de sa ganache au jasmin enrobé d’un cru 70 % du Venezuela. Un trait argenté rappelant bien sûr le travail de l’orfèvre…

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Cette proximité avec ses clients, qui lui restent fidèles, Victoire la tient de sa personnalité attachante et peut-être d’un sens du marketing qu’elle a cultivé à HEC en y passant un master. Car notre jeune créatrice n’est pas née de la dernière ganache. Difficile, en admirant son sourire juvénile, d’imaginer qu’elle a suivi, avant HEC, six années d’études en psychologie couronnées par une thèse. « Psychologie, oui, mais psychologie cognitive, celle qui permet de travailler la mémoire, l’apprentissage que j’ai concentrés autour du chocolat » révèle-t-elle. « L’objet de ma thèse a porté sur l’expertise en chocolat, une première en France car jusque-là les sujets portaient sur l’art, la bière, le vin… ».

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Psycho et HEC ! Diplômes en poche, Victoire a beaucoup bourlingué. Destination ? Un peu partout sur la ligne de l’équateur, là ou poussent les… cacaoyers ! Elle a beaucoup dégusté, réfléchi, appris à parler l’espagnol, rencontré les planteurs-producteurs, les artisans chocolatiers… Et puis plein d’usage et raison, est revenue en France pour y donner des conférences sur… le chocolat. C’est là qu’elle a commencé à se faire un nom dans cet univers très masculin. Mais c’était il y a bien longtemps. Aujourd’hui, Victoire vole de ses propres ailes. Ce qu’on peut lui souhaiter ? Qu’elle puisse avoir pignon sur rue et ouvrir boutique afin qu’un plus grand nombre d’amateurs d’exquis chocolats puissent savourer ses créations.

Au fait, savez-vous comment l’étincelle de sa passion pour le chocolat s’est produite ? Son arrière grand-père était chocolatier à Lyon, certes, ça prédispose. Mais le déclic s’est produit à l’âge de dix ans, quand avec 10 francs, son premier argent de poche, elle s’est acheté sa première tablette. Une femme passionnée du chocolat, on vous dit…

 

Comment la contacter :

Victoire Finaz

vf@victoirefinaz.com

www.victoirefinaz.com

 

Photos © Thierry Lacour